Nos quatre amis n'eurent pas le temps de dire ouf qu'ils se retrouvaient déjà pieds et poings liés et jetés à même le sol d'une charrette en bois qui servait aux hommes de Brequin à conduire les prisonniers dans les geôles putrides de la Prison Lakhlass! (Nda: A lire avec un accent Germanique...)

  Sagrat et Fomahn se faisaient face à face et se regardaient droit dans les yeux, scrutant si l'autre avait la moindre idée de comment se sortir de ce guêpier maintenant qu'ils avaient réussi à s'y fourrer bien profondément. Ni l'un ni l'autre n'eut une étincelle dans le regard qui aurait été synonyme d'au moins une ébauche de plan. C'est à ce moment que larry prit la parole en chuchotant:

  -S'ils ne nous séparent pas à notre arrivée, je pourrais faire disparaitre les liens d'une personne! Une seule!

  -Pourquoi une seule? demanda Sagrat.

  -Parce que déjà là je vais en chier pour que ça marche, mais je pense être capable de réussir cette fois-ci... Il me faut un volontaire!

  Gheul-Tâh émit un timide pet à cet instant, signifiant ainsi qu'il n'était absolument pas volontaire. Fomahn prit la parole:

  -C'est moi que tu délivreras si tu t'en sens capable. Comme ça, je maîtriserais le ou les gardes le plus rapidement et discrètement possible et reviendrais vous délivrer. A moins que notre chef estime que ce soit à lui de le faire et dans ce cas, je retire ma proposition.

  Tous les regards se portèrent sur Sagrat.

  -Euh...non, je t'en prie, c'est ton quart d'heure de gloire, je ne voudrais pas le gâcher...

  -Bien, répondit le nain. Larry, tu attendras que je te fasse signe avant de lancer ton sort, mais surtout, ne te plante pas, j'ai pas envie de me retrouver à poil mais toujours ligoté ou bien transformé en je ne sais quoi...

  -T'inquiète, c'est un sort que j'ai déjà utilisé à l'Académie de Magie et que je maîtrisais pas trop mal à l'époque!

  -Tu entends quoi par "pas trop mal"? demanda Sagrat.

  -Bin la personne sur qui j'ai effectué ce sort n'a dû être amputée que de deux doigts de pied...répondit Larry.

  Fomahn agita ses doigts de pied dans ses chausses tout en blêmissant à l'extrême et en se disant qu'il serait chanceux si demain matin il pouvait encore se couper tous les ongles des pieds.

  Le garde assit à côté du cocher leur intima de la fermer et ils traversèrent encore une bonne partie de la ville avant de s'arrêter. Ils étaient enfin arrivés aux portes de la Prison Lakhlass!

  Une fois à l'intérieur, ils furent conduits dans une cellule à l'écart des autres. Le garde referma la porte et leur dit:

  -Vous avez de la chance, bande de pouilleux! C'est Brequin lui-même qui va vous interroger et croyez-moi, c'est toujours intéressant de le voir manier ses instruments pour faire cracher le morceau ou simplement torturer quelqu'un pour son plaisir!

  Et il partit tout en lâchant un rire tonitruant.

  Fomahn regarda Larry et lui dit:

  -C'est le moment! Libère-moi mais essaie de me laisser mes doigts de pied et tout le reste!

  -Ok! répondit le jeune magicien. Cordus Disparare!

  WOSH!

  Les liens qui empêchaient le nain de bouger disparurent en un éclair.

  -Incroyable...murmura Sagrat. V'là qu'il se met à réussir ses sorts...

  Fomahn s'assit, ôta ses chausses et compta ses orteils. Ils étaient là tous les dix. Il poussa un soupir de soulagement avant de s'allonger à nouveau et de faire comme s'il était encore pieds et poings liés.

  -Voilà le plan, dit Fomahn. Dès que Brequin entre, je l'attrape, le menace de lui briser la nuque afin qu'il nous donne la Clé Manthine et ensuite on sort tous de là en le prenant en otage. On verra ce qu'on fait de lui une fois loin de cet endroit. Des questions?

  -Oui, répondit Sagrat. On fait quoi s'il a pas la clé sur lui?

  -Premièrement, on se barre le plus vite possible et on abandonne cette quête à la con et deuxièmement je colle une mandale à notre ami magicien pour informations merdiques! répondit le nain.

  -Mais j'y peux rien moi s'il a pas la clé sur lui! J'ai fait que vous lire ce qui était écrit dans mon grimoire, expliqua un Larry tremblotant.

  -Dans ce cas, prie ton Dieu pour que Brequin ait la clé sur lui!

  Du bruit se fit entendre dans le couloir. Quelqu'un approchait. Deux personnes selon le bruit des pas. Le garde se posta devant la porte, suivi d'un Brequin au sourire cruel qui dévisageait nos quatre amis un par un. Il leur dit:

  -Alors c'est vous les plaisantins qui ont osé déranger mon repas dans mon auberge préférée et pendant mon plat favori qui plus est... Vous allez regretter d'être nés, croyez-moi! Comme le garde a du vous l'expliquer, j'ai dans cette besace de quoi m'amuser avec vous et vous faire regretter amèrement vos actes terroristes!

  -Terroristes? Voilà un bien grand mot pour une boule puante... rétorqua Sagrat.

  -Silence maraud! Si tu tiens tant à fanfaronner, je vais donc commencer par m'occuper de toi!

  Et le garde ouvrit la cellule afin que Brequin y pénètre...