L'antre de SAGRAT

mardi 22 novembre 2011

Céréales qui leurrent suite et fin

  7h40. Ayant fini de me doucher et m'étant habillé, je filai vers le garage à la recherche de la grosse pince-monseigneur de mon père. Elle me permit de faire sauter le cadenas du coffre. Le vieux devait être un peu cinglé quand même! Il y avait de quoi repousser une petite armée dans ce coffre Fusils de chasse, fusil à pompe, colts, automatiques, uzi, de quoi dézinguer la moitié des flics de l'état. Mais mon but était autre.

  Je pris l'uzi avec un chargeur de rechange car il était petit, maniable et pouvait parfaitement se dissimuler sous un pull. Je sciai aussi le canon du fusil à pompe pour pouvoir le rentrer dans mon sac et terminai en prenant un automatique permettant de faire pleuvoir 15 gouttes de métal incandescent avant de devoir être rechargé. Je le glissai dans ma ceinture, contre mon pénis, comme dans tous les clips de gangsta-rap. Tiens, j'aimerais bien en rencontrer un aujourd'hui de ces bouffons et lui montrer qu'on peut se servir d'un flingue sans être obligé de le tenir à l'horizontale comme un gros con!

  J'étais quasiment prêt. Il ne manquait que la touche finale. Je nettoyai la lame de mon couteau, passai une ficelle dans l'étui et me l'accrochai dans le dos, parfaitement indiscernable une fois mon sac d'école sur l'épaule.

  L'école. Le mot était lâché. Là était ma véritable mission. Il savait qu'elle était pervertie par tous ces connards de fils à papa avec leurs grosses bagnoles, leurs fringues hors de prix et leur cocaïne et Il m'avait élu, moi, Tim Sharway, pour leur faire connaître l'antichambre de l'Enfer avant qu'ils ne se retrouvent au purgatoire pour expier leurs péchés.

  8h00. Je ne devais pas montrer mon excitation aux autres et soufflai pour me calmer quand le bus scolaire arriva. Je montai et m'installai à l'arrière, seul, comme tous les jours. Personne ne faisait attention à moi et c'était tant mieux! Je suis sûr qu'une lueur perverse brillait dans mes yeux à cet instant.

  Le bus s'arrêta devant la Jefferson High School à 8h15. Les cours commençant à 8h30, tout le monde n'était pas encore là mais j'apercevais celui que je voulais châtier en premier: Tom Bower.

  Il était de dos et ne me vit pas arriver. Quand je lui ai tapé sur l'épaule pour qu'il se retourne, ses enfoirés de copains riaient déjà en l'imaginant me démolir pour l'avoir importuné dans une conversation d'une importance sûrement capitale du style hockey ou gonzesses.

  En m'apercevant, son visage devint écarlate et il voulut me balancer un crochet du droit, mais il n'en fit rien, car juste après la détonation, la moitié de son visage fut emportée. Des hurlements se firent entendre un peu partout dans l'établissement. Clac-clac! fut le seul bruit que put encore entendre Timmy Cho, jeune asiatique de 18 ans et meilleur ami de Tom, car dans la foulée du rechargement, je l'expédiai s'écraser contre le mur 3 mètres plus loin, d'une décharge fulgurante qui me vrilla le bras. Son ventre avait éclaté comme une poire blette. Ses intestins ressortaient par le trou dans son dos. Un masque de terreur était figé sur son visage. Il était mort avant de toucher le mur!

  J'abandonnai le fusil à pompe car je ne m'étais pas imaginé la douleur que j'éprouverais à cause du recul. N'ayant vu que des acteurs s'en servir, je pensais qu'il suffisait de le tenir fermement et que ça irait. Mon cul! Mon bras était endolori et cette douleur ne faisait que décupler la rage qui était en moi.

  Je sortis donc l'uzi et commençai à déverser du plomb sur cette foule de jeunes en panique qui courraient dans tous les sens en hurlant. Ils étaient pathétiques. Je m'émerveillais de les voir tomber comme des mouches, certains se tenant le ventre, d'autres voyant leur jambe se détacher au niveau du genou, essayant de ramper pour échapper à leur destin. Mais rien n'y fit. Je m'approchai d'eux et sortai mon automatique afin de les achever sans dépense de cartouche inutile. Une balle suffisait.

  Le carnage dura 7 minutes. A 8h22, je n'avais plus de cartouches. Je crois que j'ai abattu 17 de ces moutons galeux avant d'être à cours de munitions. Il pouvait être fier de moi! Ma mission était un franc succès. Je mis en route le lecteur de mon I-Phone pour entendre encore et encore "Tue-Les-Tous". Ma mission n'était donc pas terminée.

  C'est à cet instant que je la vis, recroquevillée sous une table, la magnifique Tina Wilkins. Je m'approchai d'elle doucement. Elle tremblait et n'osait me regarder. A ce moment, j'ai trouvé approprié de lui sortir la réplique du T-800 dans Terminator 2, "Prends ma main si tu veux vivre". Mais plutôt que d'accepter, elle se mit à hurler et à se débattre comme une diablesse. Je lui collai aussitôt une claque dont jamais je ne me serais cru capable. Voyant que jamais elle ne comprendrait mon geste et mon amour, je me mis à pleurer à chaudes larmes en sortant mon couteau de son étui Elle hurla de plus belle quand la lame pénétra son vagin et remonta jusqu'au sternum. A la fin, ce n'étaient plus que gargouillis et borborygmes, mais plus de cris.

  J'étais fatigué, las de tous leurs cris. Je m'assis sur un banc en posant mes coudes sur la table et en prenant ma tête à deux mains. Je remis une dernière fois mon I-Phone en marche pour réécouter l'enregistrement. Des larmes d'incompréhension perlèrent sur mes joues. J'ai pris mon couteau, le posant contre la table, la pointe sur ma gorge, et je me suis affaissé d'un coup. La lame est ressortie à la base de mon crâne et il en était fini du Tueur de Jefferson High School.

  En arrivant sur place, l'inspecteur John Flagherty ôta l'oreillette de l'I-Phone de Tim Sharway et dut se concentrer pour comprendre ce qu'il écoutait. Avec en bruit de fond le ronronnement d'un vieux réfrigérateur, la seule chose qu'il entendit fut le célèbre "Snak-Crack-Pops" des non-moins célèbres Rice Krispies.

 

                                         FIN

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lundi 21 novembre 2011

Céréales qui leurrent

  Ce matin là, comme tous les matins depuis que je vais à l'école, j'avais programmé mon radio-réveil à 6h45. Le dernier tube de Lady Gaga pénétra de façon tonitruante dans mes oreilles. J'arrêtai l'appareil d'un coup de poing rageur. "Bah! Mais quelle merde!" pensai-je. Je me levai et enfilai un vieux short histoire de ne pas être en caleçon devant ma belle-mère si hypothétiquement elle était levée si tôt dans la journée et que je la croisai. Je ne lui ferai pas ce plaisir à cette vieille peau. Elle a épousé mon père à la mort de ma mère il y a 4 ans de ça. Un mois pile après son enterrement. Le vieux s'est pas fait chier et a directement épousé celle qu'il sautait "en secret" depuis plusieurs années. Ma mère le savait, mais n'en ayant plus pour longtemps à cause de cette saloperie de cancer des poumons, elle décida de l'ignorer afin de ne pas passer le peu qu'il lui restait en prises de bec avec le vieux. Sacrée M'man, t'es bien la seule que j'ai jamais aimée dans cette chienne de vie! Toi et Tina Wilkins. Tina et ses yeux de biche, sa magnifique toison blonde, sa bouche si fine qui semble dire "Prends-moi!" à chaque fois qu'elle l'ouvre et ses petits seins ronds et fermes... Ah, si seulement cette salope pouvait un jour faire attention à moi, le petit ado binoclard et chétif, fan de Warhammer et de Métal, comme la plupart des jeunes incompris de mon âge. Mais non, elle n'a d'yeux que pour ce connard de Tom Bower. L'enfoiré parfait: 19 ans alors que j'en ai 16, capitaine de l'équipe de hockey sur glace et roulant dans une putain de Mustang de 2008 que son père, gros industriel de la région, lui avait offerte pour ses 18 ans. Le seul vrai cadeau que mon vieux m'ait offert un jour est un couteau de survie pour mes 12 ans. Mais attention, pas n'importe quele merde trouvée aux puces, le vrai de vrai, le même que Stallone dans Rambo. Le vieux étant chasseur, il m'avait alors expliqué qu'il m'emmènerait avec lui et qu'avec ce couteau, il m'apprendrait à vider un animal et à le faire cuire pour le manger avec tout ce que nous offrait Mère Nature. Mais ma belle-mère en ayant marre de laver ses fringues crasseuses pleines de sang, elle lui interdit de continuer à chasser ou elle se barrerait. Mon père étant une chiffe molle, il l'avait écoutée et avait remisé tous ses fusils et son matériel au fond du garage dans un coffre fermé par un cadenas. Mon couteau est donc resté dans son étui et la lame brille de mille feux chaque fois que je le sors pour l'admirer.

  Je traversai donc le couloir qui menait de ma chambre à la cuisine sans croiser personne. Je pris un bol et du ait que je versai dedans. Vinrent ensuite les céréales que je mange depuis tout petit: les Rice Krispies. Je les ai toujours adorées.

  En les versant dans le bol, je m'attendais à les entendre émettre leur célèbre "Snak-Crack-pops" habituel mais j'eus une surprise déconcertante: en lieu et place de ce son entendu depuis ma petite enfance, ces céréales répétaient inlassablement "Tue-Les-Tous"!

  Je secouais plusieurs fois la tête, histoire de faire passer cette hallucination auditive mais rien n'y fit, j'entendai toujours le même refrain: "Tue-Les-Tous". Je décidai donc de prendre mon I-Phone et d'enregistrer cet étrange phénomène, car personne ne me croirait si je racontai ceci à quiconque, surtout pas le vieux et sa truie.

  En pensant à elle sous la forme d'une truie, une idée me traversa l'esprit: et si je recevais un message divin qui me disait que ma vie serait bien meilleure sans ces deux vieux cons? Je pourrais me débarrasser d'eux pendant leur sommeil. Après, on verra comment gérer les corps. Après tout, si c'est Dieu qui communique avec moi à travers mes Rice Krispies, il trouvera sûrement une idée pour se débarrasser des corps sans que je sois soupçonné de quoi que ce soit!

  L'image d'une truie qu'on égorge n'arrêtait plus de me hanter. Après avoir fini mon petit-déjeuner, je mis l'oreillette de mon téléphone et je repassai le message en boucle. Je savais ce qu'il me restait à faire.

  Après avoir récupéré mon couteau dans ma chambre, je pénétrai dans la chambre conjugale. D'abord mon père. La main sur la bouche pour qu'il ne crie pas et un coup directement au coeur, histoire qu'il ne souffre pas trop. C'était pas vraiment le mauvais bougre, juste une couille-molle qui n'osait pas la ramener devant sa seconde femme. Il ouvrit juste une fois les yeux quand la lame pénétra son corps et ce fut vite fini. Pas de cri, pas de mouvement, je ne pense pas qu'il ait souffert. Mais l'autre truie, quant à elle, passa un dernier moment inoubliable en ma compagnie. J'ai commencé par promener la lame rougie par le sang de mon père sur ses seins flasques et nus. Une onde de plaisir la traversa au moment où je frôlai ses tétons et elle ouvrit les yeux. J'eus à peine le temps de lui enfoncer une chaussette en boule dans la bouche pour l'empêcher de crier. Je lui assenai ensuite un bon coup de poing du gauche qui lui fit éclater le nez et elle tombe quasiment KO. Son corps ne répondait plus. Seuls ses yeux me fixaient, quémandant une pitié dont je me sentais incapable à ce moment. Un flot de larmes salées perlèrent sur ses joues quand je lui découpai les tétons. Je pensais pouvoir la torturer des heures entières mais je fus pris de vertiges et je décidai donc d'en finir. Il était 7h12 quand elle cessa de vivre, la gorge ouverte de part en part. J'étais couvert de sang. L'oreillette de mon I-Phone ne cessait de répéter "Tue-Les-Tous", tel un funeste leitmotiv. Je me disais à voix haute, essayant peut-être de communiquer avec Lui, que c'était fait, qu'ils étaient morts tous les deux, mais le message ne s'arrêtait pas. C'est à cet instant que je compris quelle était la mission qu'Il m'assignait.

  Je me déshabillai et filai sous la douche pour me débarrasser de tout le sang de ma belle-mère. Mais en passant devant le grand miroir de la salle de bain et en voyant mon corps nu couvert de sang, un grand désir monta en moi et il ne prit fin qu'après mêtre masturbé frénétiquement devant le miroir. Une fois cet acte terminé, je me sis lavé et relavé jusqu'à faire totalement disparaitre tous les résidus rouge sombre qui constellaient mon corps. J'étais purifié. Ma mission pouvait commencer.

 

                                                           A suivre...

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jeudi 22 septembre 2011

Amours illusoires

Lorsque je t'ai rencontrée

C'était comme un rêve éveillé

Ta beauté égalait ta fraicheur

Ton sourire m'emplissait de bonheur

C'est ainsi que petit à petit

Tel l'oiseau qui fait son nid

J'ai réussi à t'apprivoiser

Pour sur le sable, enfin te posséder

La jouissance de nos jeux amoureux

Avait l'ardeur de plus d'un millier de feux

Mais à présent ce temps là n'est plus

De passion on ne parle plus

La routine sied désormais

C'est pourquoi je voulais te quitter

Mais les frais d'avocats

Et les multiples tracas

M'ont enfin aidé à me décider

Chérie, je vais te tuer!

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jeudi 11 août 2011

Le sourire

  Mon ami Roger et moi travaillions à la morgue d'une petite ville de province. Nous étions préposés à la remise en état correct des défunts. Ce n'était guère le meilleur métier du monde mais il nous permettait de vivre un peu mieux que la moyenne et surtout, il nous laissait tout le loisir d'avoir de longues conversations car personne n'était là à nous houspiller tant que le travail était bien fait.

  Nous étions complices autant professionnellement que dans la vie. Combien de verres bus après le travail nous avons partagé! Je ne puis me le remémorer, mais en tout cas, nous étions plus que des amis, quasiment des frères.

  Un jour, le cadavre d'un vieil homme nous fut amené. Il s'agissait du patriarche d'un clan de romanichels installés dans un champ proche de la ville. Il était mort durant son sommeil, un sourire de béatitude figé sur le visage. Pendant que nous embaumions le corps, ce sourire me mettait mal à l'aise. Je décidais donc, avec l'assentiment de Roger, de lui rendre une expression neutre, plus grave. Ceci étant fait, l'heure de la pause déjeuner était arrivée. Nous couvrîmes le corps du vieux romanichel et partîmes manger dans un petit restaurant italien situé en face de la morgue, ce qui nous permettait de surveiller l'entrée afin qu'aucun pervers, psychopathe ou je ne sais quel autre fou ne vienne dérober ou dégrader l'un de nos "patient".

  A notre retour, Roger plaisantait sur sa dernière conquête, qu'il qualifiait de plus froide que tous les cadavres que nous manipulions. Je préparais nos outils de travail pendant que Roger riait aux éclats de a plaisanterie tout en relevant le drap du défunt.

  Tout à coup, un lourd silence s'abattit sur la pièce. Roger s'était arrêté net de rire. Je me retournais pour constater qu'il fixait le cadavre du vieux romanichel avec effroi. Je m'avançais à mon tour. Quelle ne fut pas ma surprise en constatant ce qui interloquait tant mon ami: le mort souriait de nouveau! Mais ce sourire n'avait plus rien de serein, c'était plus un rictus malveillant. Passé le choc de la surprise, nous attribuâmes ce fait à un réflexe post-mortem. Je recommençais mon précédent travail, à savoir donner un air neutre à notre patient.

  En fin de journée, le corps était enfin prêt. Il ne manquait plus que les bijoux que la famille nous remettrait peu de temps avant la cérémonie, par crainte de vol. Je proposais à Roger d'aller se détendre en allant boire un petit cordial mais il ne se sentait pas très en forme. Etrangement, cette histoire de sourire l'avait troublé. Je le raccompagnais donc jusque chez lui et le laissais se reposer et se remettre les idées en place.

  Le lendemain matin, en allant chercher Roger, je vis qu'il n'était déjà chez lui. Je jetais un coup d'oeil par la fenêtre pour constater que ses affaires n'étaient pas à leur place, preuve qu'il était parti travailler de bonne heure.

  Chemin faisant, je laissais mon esprit divaguer, heureux de savoir que Roger allait certainement mieux, étant déjà parti au travail de si bonne heure.

  En passant devant une terrasse de café, je vis un vieil homme qui me fit un sourire. Je lel lui rendis tout en continuant mon chemin et en me demandant où j'avais bien pu voir cet homme, car son visage m'était familier.

  Soudain, je fus pris de sueurs froides. Le vieil homme qui m'avait souri ressemblait comme deux gouttes d'eau au vieux romanichel allongé sur la table d'embaumement de la morgue! Je revenais illico sur mes pas mais il n'était plus installé à la table de la terrasse. Je m'empressais de demander aux autres clients s'ils avaient vu vers où était parti le vieil homme, mais personne ne su me répondre car aucun d'entre eux n'avait remarqué de vieux romanichel assis à la table en terrasse.

  Confus, je m'empressais de me rendre à la morgue pour raconter cette incroyable aventure à Roger, espérant qu'il aurait une explication rationnelle à me fournir, du genre que je n'avais pas connaissance d'un frère jumeau du mort et que Roger l'aurait appris en arrivant plus tôt le matin et en voyant la famille, ou quelque chose de la sorte.

  Arrivant à la morgue, je m'empressais d'ouvrir la porte. Fermée! Je sortis mon trousseau de clés et ouvris la porte, pensant que Roger avait refermé de l'intérieur après être entré. Une fois à l'intérieur, toutes les lumières étaient éteintes. Un sentiment de terreur m'étreint. Une sensation étrange, désagréable, s'emparait de moi.

  Je ne sais comment je suis arrivé dans la salle de préparation des corps, car j'avais l'impression que mon corps flottait, de ne plus être moi-même, maître de mes mouvements. Je repris mes esprits devant la table où le corps drapé du vieux romanichel était allongé. Une voix intérieure me disait de m'enfuir, tandis qu'une autre me commandait de soulever le drap pour me rassurer et voir que le corps n'avait pas bougé de place depuis la veille. C'est la seconde que je suivis.

  A l'instant où le visage fut découvert, le monde tourna autour de moi. Quelle folie, quel maléfice avait bien pu se passer dans cette pièce, Je tremblais de tout mon être, des larmes perlaient sur mes joues, je lançais des cris hystériques jusqu'à ce que les voisins préviennent la police et que les agents m'embarquent de force aidés par de puissants tranquillisants. Ils ne comprirent pas les raisons de ma soudaine folie. Lorsqu'ils soulevèrent le drap, ils ne virent que le cadavre de Roger, un rictus infâme figé sur le visage.

 

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mardi 9 août 2011

Défense naturelle

Les Unes des journaux se ressemblent toutes

L'Apocalypse arrive, aucun doute

Emeutes, meurtres, catastrophes,

Tous les jours vers treize heures m'apostrophent

L'Être Humain navigue dans son pire âge

Celui de ses plus puissants carnages

Ne laissant à la nature qu'un choix limité

Fermer les yeux ou tout arrêter

Pour l'instant ce ne sont qu'avertissements

De plus ou moins grands bouleversements

Mais quand la coupe sera pleine

Elle déchargera sur nous des torrents de haine

Malheur à ceux qui survivront

Ils ne seront plus que le dernier maillon

D'une nouvelle chaîne alimentaire

Basée sur un tout nouveau bestiaire

L'hégémonie de l'Homme touche à sa fin

Un nouveau monde commence demain

Nous n'occuperons plus le devant de la scène

Bienvenue dans cette nouvelle Géhenne.

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jeudi 30 juin 2011

Terreur contagieuse

Depuis un bon bout de temps

Quel que soit le gouvernement

Des essais ont été faits

Sur nous, pauvres usagers

Des tests grandeur nature

Sous couvert d'espoirs futurs

Et ce sont des milliers d'innocents

Qui vomissent des torrents de sang

L'eau, l'air, la nourriture

Parfois tout un pan de l'agriculture

Rien n'a été épargné

Le profit les a motivés

Je ne sais plus quoi dire à mes enfants

Lorsqu'ils me regardent en demandant

Si les bactéries de passage

Touchent les êtres de leur âge

Ils ne peuvent pas comprendre

Et n'ont d'autre choix qu'attendre

Voir comment tourne le Monde

Voir s'ils entrent dans la ronde

De cette ère de contagion

Issue de la mondialisation.

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lundi 13 juin 2011

Le regard de la Vierge

  Par une sombre et humide nuit d'automne, Carlson et moi avions reçu pour mission de déterrer un cadavre dans le petit cimetière du village voisin. Notre commanditaire, un riche collectionneur excentrique, tenait absolument à posséder un cadavre enterré depuis plus d'un siècle dans son propre jardin. Lubie d'aristocrate ou folie pure, jamais l'on ne saura ce qui l'a poussé à cette demande si extrême. Je me souviens en avoir longuement débattu avec Carlson, car je n'étais pas chaud pour ce type de travail, même s'il me faut l'avouer, nos précédents boulots ont toujours flirté avec l'illégalité. Certaines personnes font appel à nous lorsqu'ils ont besoin de se débarrasser de quelque chose de compromettant et plus rarement lorsqu'ils désirent posséder une chose impossible à récupérer légalement.

  Mais je n'étais pas enthousiaste à l'idée de me faufiler la nuit dans un cimetière et de creuser pour en sortir un cercueil avec un cadavre entièrement rongé par les vers depuis plus de cent ans! Calson m'avait finalement convaincu en insistant sur le fait que ce serait une grosse somme d'argent facilement gagné vu que le cimetière n'était pas gardé la nuit.

  Nous étions donc en train de rôder entre les tombes, torches à la main, à chercher celle qui posséderait le mort adéquat en ses entrailles lorsque mon regard fut accroché par une statue de la Vierge Marie qui semblait me regarder, les mains en avant, les paumes tournées vers le ciel, semblant implorer ma pitié. Ce spectacle en un tel lieu me troubla profondément. C'est Carlson qui me sortit de ma torpeur en me désignant un caveau vieux de plus d'un siècle et qui contenait l'objet de désirs psychopathes que nous étions venus chercher.

  Le caveau se trouvait juste en face de la statue de la Vierge. Ce fait me troublant énormément, je demandais à Carlson si une autre tombe ne ferait pas mieux l'affaire, mais il me répondit que c'était la seule qui correspondait à notre ignoble mission. Je pris alors la décision de creuser le premier pendant que Carlson m'éclairait de nos deux torches. Il prendrait le relais à mi-parcours.

  Pendant que je m'évertuais à la tâche, je ne ressentais plus le poids du regard de marbre de la statue de la Vierge Marie et je creusais le coeur léger, vide des pensées sombres que m'inspiraient ses deux yeux vides.

  Ayant creusé le sol d'environ trois pieds de profondeur, je sortis du trou et Carlson prit le relais pendant que je l'éclairais de nos deux torches. Pendant un temps, je ne pensais à rien d'autre qu'à la forte récompense que nous allions toucher pour un travail, il est vrai, vraiment pas difficile. Tout à coup, le vent se leva et j'entendis comme un murmure lointain, incompréhensible. Je tournais immédiatement une des lampes vers vers l'origine de ce murmure pour me fixer tout juste sur le visage de marbre de la Vierge. Elle ne cessait de me fixer de son regard blanc, pénétrant mon âme, me vidant de tout courage et de toute volonté. C'est alors que je l'entendis me parler clairement:

  -Tue!

  Je secouais la tête pour me remettre les idées en place. Il était tout à fait impossible que cette statue, chose inanimée dépourvue de toute volonté, ait pu s'adresser à moi.

  -Tue-le!

  -Non! hurlais-je au plus profond de mon être.

  -Tue-le! Un mort en échange de l'autre!

  -Non, c'est mon ami! pensais-je.

  -Il n'est pas ton ami! Il se sert de toi! Jamais il n'aurait pu déterrer et transporter ce corps seul! Il t'éliminera lorsque vous toucherez la récompense! Tue-le!

  Mes pensées ne parvenaient plus à trouver le chemin de la raison. Je regardais tour à tour Carlson qui se démenait dans le caveau et le visage de marbre qui me harcelait à l'intérieur de mon crâne.

  -Ne le quitte pas des yeux! Regarde-le manier sa pelle! Dès que tu lui tourneras le dos, il te brisera le crâne avec! Il est cupide, avide des richesses promises! Tue-le!

  Je ne savais plus où j'en étais. Je ne lâchais plus Carlson du regard. Je l'observais arracher d'énormes tas de terre à chaque pelletée et c'est là que je me rendis compte à quel point il était fort, capable de me briser en deux même sans l'aide de la pelle. Cette idée m'affolait. Je ne pouvais pas rester là sans rien faire à attendre qu'il se décide à m'attaquer. Et dans ma tête résonnait cette voix, sorte de leitmotiv déroutant qui répétait sans cesse "Tue-le!".

  C'est alors que j'aperçus un gros morceau de marbre à mes pieds, n'attendant plus que moi. J'ai mis une lampe torche dans ma bouche, pour continuer à éclairer Carlson afin qu'il ne s'aperçoive de rien et tout en gardant la tête droite et en pliant les genoux, j'ai ramassé le morceau de marbre,me suis penché dans le trou dans lequel Carlson s'activait sans remarquer ce qui allait lui arriver et je lui ai ouvert le crâne sur quinze bons centimètres en fracassant l'arête tranchante de mon arme de fortune sur sa tête. Une gerbe de sang gicla sur la statue. Voyant que Carlson bougeait encore, j'abattis le morceau de marbre sur son crâne par trois fois encore, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une bouillie d'os, de sang et de morceaux de cervelle dans une mare informe qui quelques secondes encore avant était la tête de mon ami.

  Le vent se leva et j'entendis un rire inhumain. Je regardais le visage de la Vierge et je la vis me sourire lorsqu'une larme de sang perla sur sa joue gauche.

  Je suis ensuite resté prostré jusqu'au petit jour, quand un promeneur m'a découvert et alerté les autorités. Je ne me suis pas débattu lors de mon arrestation et je n'ai rien pu répondre durant les longs interrogatoires. Les juges en ont conclu que j'étais devenu fou et que toute lueur de lucidité m'avait définitivement quitté. Je restais plongé dans la torpeur jusqu'à aujourd'hui, où, n'ayant plus l'usage de la parole, je décide d'écrire cette histoire à qui veut bien la lire et peut-être y croire, afin de m'exorciser du regard diabolique de la Vierge Marie.

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lundi 30 mai 2011

Un max de gros poutoux à ma petite chérie qui fête ses 4 ans aujourd'hui!!! Je t'aime ma puce!

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jeudi 28 avril 2011

Terreur reptilienne

Je sens le Mal rôder autour de moi

La terreur me toucher du bout des doigts

Dans chaque recoin où mon regard se pose

Il me semble que la lumière se décompose

Je l'entends ramper à droite, à gauche,

Mais à chaque fois je n'en vois qu'une ébauche

Il me suit depuis des semaines

Le Dieu-Serpent à tête humaine

Mais aujourd'hui il abandonne sa passivité

Pour me témoigner son agressivité

Personne de son vivant ne l'a vu

Et je ne crois pas réussir non plus

Le voila qui croise mon regard

Pour moi il n'y a plus d'espoir

Il détruit ma dépouille mortelle

Mon âme errera dans les limbes éternelles.

naga2

 

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samedi 26 mars 2011

Le Mystère de l'Ecu Terreux épisode final

  Arrivés devant le château du Baron, Sagrat fit un signe de tête à Fomahn afin qu'il frappe à la porte. Le nain, qui n'osait plus trop affronter le regard de ses amis après ses révélations s'éxécuta.

  Après une trentaine de secondes, Jarvees, le majordome ouvrit la porte et dit:

  -Bfonfoir...Ah, f'est vous!

  -Oui c'est nous, larbin! Vas voir ton maître et dis-lui qu'on a un petit quelque chose pour lu! répondit Sagrat exaspéré.

  -V'y cfrois pas! repprit Jarvees. Vous vavez retfrouvé notfre tfrévor! F'est incfroyable! Ve vais immédiatement pfrévenir le Bfaron!

  Et il partit en courant, laissant nos aventuriers attendre devant la porte.

  -Il commence à me gonfler doucement celui-là avec ses allusions à notre incompétence! dit Fomahn. Je lui pèterais bien les dents qu'il lui reste, volontairement, je veux dire.

  -Bin t'attendras encore un peu joli cœur, qu'on ait notre part restante de la récompense, et après, tu fais ce que tu veux! répondit sèchement Sagrat.

  Le Baron arriva à ce moment précis, ce qui détendit un peu l'atmosphère.

  -Ah, messieurs, je n'ai jamais été aussi ravi de voir quelqu'un! Surtout quelqu'un dans votre genre...Bref! Vous avez l'Ecu Terreux? Donnez-le moi que je le remette en place tout de suite, dit le Baron Ronnie Ktaras.

  -Bien sûr, aucun problème, dit Sagrat. Si sa Seigneurie veut bien juste nous rétribuer du reste de la récompense, qu'il n'y ait aucun malentendu...

  -Mais bien entendu, où avais-je la tête? Jarvees, demandez-donc à votre nouvelle fiancée de nous amener le reste de la récompense.

  -Tout de sfuite, Bfaron.

  Le majordome se retira tandis que Sagrat confiait le précieux bouclier à son propriétaire. Soudain, le visage de Fomahn se figea. Désirée venait de faire son apparition, tenant dans ses mains le reste de la récompense.

  -Nouvelle fiancée...récompense...larbin...non, ce n'est pas possible...gémit le nain.

  Désirée regardait haineusement Fomahn et lui dit en s'approchant:

  -Vous n'êtes qu'une brute sans cœur! regardez dans quel état vous avez mis ce pauvre Jarvees! Quand je l'ai vu à l'auberge, si fragile, j'ai craqué, ça a été le coup de foudre et nous nous sommes fiancés!

  Jarvees affichait un sourire arrogant et accessoirement édenté.

  -Attends qu'on ait la récompense, marmonna Sagrat en voyant les poings du nain se serrer au point de s'en faire blanchir les jointures de doigt.

  Le Baron prit le sac des mains de Désirée et l'ouvrit en grand afin que Sagrat puise bien voir à l'intérieur.

  -Et voilà, comme convenu, une petite fortune qui vous permettra de vous acheter un petit royaume si vous le souhaitez. En vous remerciant encore de cette épine du pied que vous avez retiré du bras de l'injustice!

  -Merci à vous, dit Sagrat en prenant le sac. Oh, j'y pense, Baron, vous feriez mieux de vous écarter rapidement: vas-y Fomahn, fais ce que tu as à faire!

  A cet instant, le visage de Jarvees blêmit en un quart de seconde. L'immense nain se jeta sur lui à l'instant où Sagrat s'écarta et lui donna le feu vert. Ce fut bref mais douloureux pour le majordome qui aurait tout le temps de se faire dorloter par sa fiancée car il ne serait pas en état avant un long moment pour pouvoir reprendre son travail actuel.

  Fomahn tourna le dos sans même un regard à Désirée et dit:

  -Allons-y les gars! quittons cette ville maudite et allons dépenser notre fortune ailleurs, jusqu'à ce qu'on nous propose une nouvelle connerie bien rémunérée à faire!

  -Ouais! répondirent en chœur Gheul-Tâh et Larry.

  Sagrat ne répondit pas mais il affichait un sourire de satisfaction qui en disait plus long que n'importe quel discours. Son ami ne les abandonnait finalement pas. Et surtout, il n'aurait pas à chercher un nouveau demeuré cognant comme une mule qui accepterait de le suivre dans des aventures plus tordues les unes que les autres.

 

                                                                FIN

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